Le film catastrophe
Concept inventé un jour par un monsieur pas très très net dans sa tête, le film catastrophe est un type de film que vous pouvez croiser assez souvent, notamment le samedi vers 14-15h , parce que c’est pas compliqué à comprendre et que ça fait digérer .
Le film catastrophe, avant d’être une catastrophe tout court, est un film où il y a…une catastrophe.
Comme quoi tout est dans le nom.
Ça tourne autour d’une grande idée :
Un vilain cataclysme pas beau qui va tuer tout plein de monde nous arrive sur la gueule mais heureusement y a le gentil héros qui a tout compris et qui va sauver plein de gens très chouettes, sauf le grand con qui a rien compris au début du film et quelques personnages secondaires très chouette qui vont un peu mourir quand même parce que sinon ça le fait pas.
Voilà
..
Oui oui, c’est tout.
Et ce que je viens de vous dire, c’est repris par TOUS Les films catastrophe.
Oui tous.
Se sont pas fait chier, les scénaristes.
Le concept de base étant donc assimilé ( si ce n’est pas le cas, faut reprendre la collection Caca Boudin, c’est le niveau juste en dessous) on va pouvoir développer un peu
Le film catastrophe se passe généralement sur la terre ferme , souvent dans une station balnéaire/ de ski/ ou un village au pied d’une montagne/ d’un volcan/ d’un barrage , voir la combinaison de plusieurs possibilités pour les plus malchanceux
Le genre de coin où de toute façon, on sent bien qu’il doit se passer une merde .
Certains films catastrophes sortent parfois du circuit et se passent donc sur un bateau ( version arg-je-coule), dans un avion ( version au-secours-je-tombe) voir dans un avion qui s’est crashé en mer ( version j’sais-pas-voler-et-en-plus-je-flotte-même-pas-c’est-vraiment-la-merde ).
Mais là, effectivement, on s’écarte un peu du film typique, on passe donc …
Même s’il y a aussi des choses à dire. De toute façon on retrouve les mêmes personnages
De quoi se compose le film catastrophe ?
Avant tout d’une catastrophe .
Sans ça, c’est pas un film catastrophe .
Logique
Les catastrophes sont souvent « naturelles » : Le volcan endormi-depuis-200-ans-qui-se-réveille-quand-même , le tsunami sorti de nulle part, le cyclone qui-nous-arrive-dessus , le tremblement de terre , l’avalanche, la tempête de neige, la tempête tout court, la tornade, le tsunami, la météorite, la combianaison de plusieurs, l'apocalypse …On peut pas toutes les nommer sinon on est encore là cette nuit .
Vous avez aussi les catastrophes pas naturelles, type explosion de la centrale au bout du village. C’est quand même moins commun.
La catastrophe se produit toujours prés d’un zone habitée ( ville normale ou zone touristique) . Mais avant d’arriver , pour être sympas , elle va prévenir. Comme ça. Par politesse.
Toute catastrophe de film américain se doit de donner des indices ,des signes , des messages codés et des tracts publicitaires « coucou c’est moi que v’là » pour signaler son existence et son approche imminente , le tout avec la discrétion et la subtilité d’un paquebot rouge pétard garé au beau milieu des champs élysées
C’est tout juste si elle te donne pas un coup de fil pour te dire le jour et l’heure où ça va péter .
Elle est comme ça la catastrophe très sympatique.
Malheureusement, c’est jamais assez clair, vu que 99% des personnages ont les capacités intellectuelle d’un bigorneau, sauf le héros qui les dépasse tous avec son QI d’huitre perlière.
Le personnage central de l’histoire va donc miraculeusement comprendre qu’un sale truc se prépare . Hop hop hop, c’est terrible, faut évacuer y a pas de temps à perdre c’est urgent on va tous mourir vite vite vite j’appelle le maire/ le préfet/ le gouverneur ( enfin bref le monsieur le plus important du coin) pour qu’il prépare tout ça
Ce à quoi le monsieur va répondre
« non »
Faut comprendre, il y croit pas une seconde ou s’il y croit, la saison touristique vient de commencer, ça serait quand même pas très bon pour le chiffre d’affaire .
Ce à quoi le héros va répondre :
Ok.
Voilà.
Et quand la catastrophe arrive, 90% de la population est à la maison.
Concernant la catastrophe, on peut ajouter qu'en plus de sa grande gentillesse, ’elle a des principes : elle ne tue que les méchants, doit attendre que le héros passe la porte pour tout casser et n’a pas le droit de tuer des gentils , sauf s’il s’agit d’un gentil con, d’un mec qui s’est sacrifié pour le groupe ou d’un personnage secondaire , si possible black (sauf capitaine de la police) mexicain ou porteur de moustache.
La moustache est au personnage de film catastrophe ce que le T shirt twilight est à la groupie entourée de personne anti cucul la praline et film alakon : un signe de reconnaissance qui signifie
« tuez moi »
C’est le genre d’indice qui permet de gagner au jeu que tout habitué à ce type de film fait quand il en voit un, j’ai nommé le « jeu du devine qui va claquer ».
Par contre, le film catastrophe n’a pas le droit de tuer les animaux. Surtout les chiens. Il est donc recommandé de coller aux basques de Kiki si jamais un tsunami vous arrive sur la gueule.
Surtout si c’est un labrador.
On ne tue pas les labradors.
C’est la règle d’or du film catastrophe.
Par contre, pour le chihuahua, les avis sont partagés.
LES PERSONNAGES DU FILM
Le héros .
Souvent un homme, le héros est généralement un aventurier ou un super scientifique , voir un ancien soldat/ flic/ vigile à super U . Il est grand, il est beau, il sent bon le sable chaud et en plus il aime les enfants . il peut même soulever des poutres de 200 kilos et il piloter un avion/ désamorcer une bombe en étant gynécologue de formation.
Malheureusement, il raconte aussi pas mal de connerie et du coup, quand il annonce une éruption volcanique, les gens se marrent.
S’il ne dit pas de conneries, alors il est atteint du syndrôme de Nicolas Cage et franchement c’est pas mieux.

Malgré tout le héros est tourmenté. Il cache une blessure dans son petit cœur de guerrier. Dans une catastrophe, un peu comme celle qui nous arrive dessus d’ailleurs, il a perdu des êtres chers ; Sa femme/ ses enfants/ son père/ sa sœur/son grand oncle/son voisin/ son hamster nain à poil court. Et il ne s’en est jamais remis
Le héros est soit célibataire ( dans ce cas va y avoir une histoire à l’eau de rose entre deux explosions) soit marié avec un gosse ( auquel cas il va partir envers et contre tous à la recherche de sa famille qui fait rien qu’à aller se foutre dans un endroit pas possible et difficile d’accès au lieu de se tirer comme tout le monde)
A part ça , le héros ne meurt jamais . Inutile donc de stresser , même entouré de lave avec une tornade qu’il lui arrive sur la gueule pendant une tempête de neige avec pluie de météorite , il ne risque rien .
Sinon, Kiki sera toujours là pour le déterrer en cas de besoin
Attention cependant aux cinq dernières minutes, un sacrifice du héros peut arriver en fin de parcours après une scène épique où il déclare sa foi en l’humanité et les cheeseburger et où tout le monde verse la larmichette sur fond de musique triste à base de violon/piano, déverrouillant ainsi le succès « super héros of the death ».
ça va pleurer dans les chaumières.
Le grand con
Le grand con, vous le reconnaîtrez très vite , c’est le mec qui a dit non à l’évacuation générale. Il est haut placé, décoré parfois, j’men foutiste toujours et souvent , il a une moustache ( *clin d’œil appuyé*) C’est un personnage influent : le maire/gouverneur/ capitaine du coin . Systématique borné et cupide, le grand con a tellement de merde dans les yeux qu’il ne comprend JAMAIS rien à ce qu’il se passe, même quand les animaux se tirent du zoo parce qu’ils ont bien senti venir le coup foireux.
Vous pouvez lui mettre toutes les preuves que vous voulez sous le nez, même un poster géant dédicacé de la catastrophe , il ne croit jamais personne . Et il ne veut jamais évacuer qui que ce soit non plus. Parce que, au choix, c’est la saison touristique/la fête du jambon/ il croit pas le héros/sa tête lui revient pas/ il s’en fout.
Quand ça sent le cramé ou que la fiesta a déjà commencé , le grand con peut devenir lucide et sympas . Mais c’est déjà trop tard de toute façon .
90% du temps le grand con meurt , de façon débile d’ailleurs . S’il est revenu sur ses positions, il peut parfois mourir après un acte héroïque ou agoniser pendant 40 minutes en faisant un mea culpa dégoulinant de réalisme et de naturel avec fond sonore de piano/ violon
Si le grand con est resté con jusqu’au bout , alors il n' y a pas de violon et il crève comme une merde dans l’indifférence générale.
Attention, reconnaître son erreur ne veut pas dire qu’on aura forcément une belle fin. L’option « mourir comme un con » est tout à fait envisageable.
LA femme .
Dans tout film catastrophe qui se respecte , il y en a une . C’est soit l’épouse du héros, soit une grognasse du coin , généralement divorcée/veuve avec un enfant . Elle peut aussi être une scientifique/ fliquette/ aventurière , ce qui reste compatible avec le statut de « grognasse » ( rarement avec celui d’épouse, ça coince pour le sauvetage périlleux sinon)
Dans le premier cas , l’épouse est avec ses marmots dans un coin improbable. Au lieu de rester tranquillement chez elle pour que son mari vienne la chercher, elle s’en va jouer les Dora l’exploratrice dans des endroits ou aucune personne sensé n’irait, comme les égouts , le métro, la déchetterie municipale , l’immeuble en flamme là bas qui va s’écrouler . Et elle se retrouve systématiquent coincée dans une merde pas possible .
Si elle n’est pas coincée, alors elle a perdu ses enfants en route . Ce qui n’est pas forcément mieux
Dans le second cas ….. Et bien c’est un peu la même chose en fait ….Mais généralement elle est collée au héros , donc si elle a des enfants ce sont (encore !) eux qui sont dans la merde …
Quoiqu’il arrive , la femme ne meurt jamais, protégée par la sainte patronnesse des Lolos
Remarque : parfois la femme est accompagné d’une option ex mari casse bonbon.. Inutile de s’appesantir là-dessus, il est condamné dés le départ.
Le gosse
S’il y a mère de famille, alors il y a marmot. Il s’agit les trois quart du temps d’un garçon, soit débrouillard, soit maladif et geignard, mais systématiquement tête à claque. Généralement seul, il peut être accompagné d’un frère ou d’une sœur, voir de plusieurs, permettant ainsi de mettre les deux types de mômes sans avoir à choisir et de faire ainsi plaisir à tout le monde.
L’utilité de l’enfant est rarement prouvée. La plupart du temps, il n’a rien d’autre à foutre que de se mettre en danger, faire chier le monde pour sauver son chien, disparaître et donner naissance à des dialogues d’anthologie tels que :
Enfant en danger #1253« Maman ! »
La mère « Josh ! »
Le héros « t’en fais pas je viens te chercher ! »
La foule « ouaiiiiiiiiiiiiiiiiis »
C’est beau.
Occasionnellement, il peut se montrer utile du fait de sa petite taille, en passant dans des conduits d’aérations, des trous ou en glissant sa petit menotte dans une fente pour ouvrir/ attraper un truc , ce qui permet d’obtenir des scènes épiques
Héros : « vas y Josh tu peux le faire
Gamin, d’une voix geignarde « J’y arrive paaaaaas »
Mère « courage tu peux le faire ! Je t’aime mon poussin »
Musique de suspense , longue minutes de rien, gamin qui fait une tête constipé alors qu’il lui reste bien 10 centimètre de marge pour avancer son bras
Gamin : « je l’ai ! »
Héros « Ouais , bravo, je savais que tu y arriverais ! Tu es le meilleur »
.......
Enfin dernier point : Il ne meurt pas , comme sa mère. C’est un peu le labrador humanoïde du film en somme.
L’animal
Pas besoin de rajouter grand-chose. Il s’agit les trois quarts de temps d’un chien, un labrador ou un fox terrier , qui sert à faire pleurer l’enfant ou à retrouver le héros sous un tas de cendre en fin de film, voir à prévenir d’un danger.
Il peut s’agir d’un chat, qui ne quittera pas les bras de la petite fille ou disparaitra toute l’histoire pour réapparaitre comme une fleur en fin de film, d’un poisson rouge ( cas de naufrage ou de tsunami) ou d’un oiseau qui sera de toute façon libéré le plus vite possible.
Exception à la règle, le hamster/rat/ la souris est le seul animal qui peut potentiellement claquer en cours de route, souvent en début de film, car utilisé par la catastrophe comme tract publicitaire.
Le vieux
Pour une raison qui nous dépasse, il y a bien souvent un vieux dans l’histoire, voir une vieille, supposé apporter le côté sage/ ronchon au groupe. Généralement sympathique mais pas toujours , il apporte ses connaissances , son expérience et son côté kamikaze de prisunic sur fond de « les vieux ça va crever de toute façon, place aux jeunes ! » à une équipe de bananes flambées qui en avait bien besoin, dites donc.
Rassurez vous, ça ne veut pas dire que Mémé va mourir. Pépé peut être, mais mémé, ça se discute.
Sérieux , le symbole du cookie , quand t’es au USA , t’as intérêt à être sur de ton coup lorsque tu le balances à la flotte
Le pote
Souvent , le héros se fait coupaing, qui est un peu comme lui mais en moins bien et qui va probablement mourir sur la fin du film
Le couple
Souvent jeune, il a l’utilité d’un hamster en cas de tremblement de terre. Fonctionne comme les inséparables : soient ils survivent , soient ils claquent tous les deux. Pas de demi mesure.
Pour connaître leur chance de survie ce n’est pas compliqué. S’il ya une blonde à grosse poitrine façon pute, un(e) con(ne), un russe, un moustachu, un fieffé connard ou une absence de prénom connu parmi les tourtereaux, alors c’est qu’ils vont mourir.
Les figurants
Facile à distinguer, le figurant est le personnage qui apparait dans l’histoire , qui n’a absolument pas de nom et qui meurt bêtement, sauf en fin de film où il sert à applaudir le héros et à agiter le drapeau des USA sur fond sonore de l'hymne de ronald mac donald







